Mes trois plus grandes sources d'ennui dans ma vie hors-Qc... Vincent, Sébastien et Isabelle
dimanche 27 avril 2008
Party de départ pour une « expat » qui nous quitte
Quoi qu’il en soit, Sophie a toujours fait preuve de beaucoup de disponibilités lorsqu’on avait besoin de renseignements quelconque sur le pays et a gentiment partagé ses petites découvertes avec nous, pour faciliter notre intégration en Guyana. Je lui en suis très reconnaissante et c’est avec grand plaisir que nous sommes allés la saluer une dernière fois chez notre voisine Amy, qui lui afait organisé cette petite fête.
samedi 26 avril 2008
Comment manquer son avion ?!?
Je le savais avant de partir, mais 2 semaines c’est bien trop court, pour voir notre famille (5 enfants à nous deux) et mes amies, sans compter mes obligations personnelles et professionnelles : clients à voir, impôts à compléter, planificateur financier à rencontrer, etc.
En fait, ça s’est compliqué 2 jours après mon arrivée au Québec, alors que la grippe m’a assaillie d’aplomb ! J’ai juste eu le temps d’aller souper avec quelques copines le samedi suivant mon arrivée – et déjà là ce n’était pas la grande forme – mais rendu au dimanche, toutes mes forces m’avaient quitté. J’avais planifié emmener mon petits-fils dans un parc d’amusement intérieur où mon plus jeune fils travaille, mais au moment du départ, après le dîner, j’ai dû abdiquer et admettre que je me sentais aussi faible qu’un petit poussin. En larmes, parce que j’avais tellement envie de les voir, j’ai demandé à Sébastien s’il ne pouvait pas venir souper à la place avec Darien chez mes parents où on est installé pour notre séjour, et il est même allé chercher son frère Vincent, pendant que Stéphane est allé nous chercher des mets chinois.
J’étais en pyjama, roulée en boule sur le fauteuil, mais heureuse d’avoir mes hommes (mon chum, mes deux fils et mon petit-fils) près de moi. (Isabelle avait malheureusement un engagement à Toronto pour le week-end).
Comme de raison, je n’ai donc pas eu le temps de faire tout ce que nous avions planifié… dont aller au cinéma (faut dire que le seul soir où ça nous a tenté, nous n’avions rien trouvé de bon à aller voir !)
Par contre, à croire que nous apportions le climat du sud avec nous, pas une seule goutte de pluie n’est tombée pendant notre séjour. ; il a fait un temps magnifique, rempli de belles journées printanières comme je les aime qui j’avoue, me manquent en Guyana. C’est bien beau la chaleur, mais y a des jours ou y en a marre… d’ailleurs j’ai toujours dit que dans la vie, ça prenait du négatif pour nous faire apprécier le positif…
Bref, les deux semaines sont passées tellement vite que j’ai réussi…à nous faire manquer l’avion ! C’est que je peux à peine m’en vouloir, car j’étais tellement sûre de mon coup…. Comme le vol direct Toronto-Georgetown est nolisé par Zoom seulement une fois par semaine – le mercredi – je ne me suis jamais questionnée sur la date de notre retour… mercredi deux semaines plus tard.
Hors, je ne comprenais pas pourquoi, la veille (le mardi) au soir, je n’arrivais pas à imprimer nos cartes d’embarquement pour le vol d’Air Canada. Sur leur site Internet, j’obtenais simplement le message comme quoi on ne pouvait « compléter ma transaction », sans autre détail.
Le lendemain matin (jour du départ), même scénario. C’est en vérifiant la no. de réservation et en contre-vérifiant à plusieurs reprises tous les détails de l’itinéraire du vol que j’ai réalisé avec horreur que la date du départ était… LA VEILLE ! Nous étions littéralement une journée en retard… c’est là que j’ai compris que pour être en Guyana le mercredi matin, sur un vol de nuit, il fallait donc partir… le mardi !
La journée était normalement consacrée à faire les valises car comme d’habitude, je rapportais plusieurs articles de notre ménage personnel, en plus de nos achats, dont deux lampes de tables de nuit pour le Bed & Breakfast. Mais là, après avoir honteusement avoué ma bourde à mon chum, la priorité était de nous trouver de nouveaux vols pour aujourd’hui même.
Tous les deux, nous nous sommes immédiatement attelés aux recherches sur Internet pour Air Canada et Caribbean Airlines (qui eux ont plusieurs vols par semaine, mais avec escale à Trinidad) et ce n’est qu’en début d’après-midi, tout en continuant à « paqueter » nos valises, que nous avons réussi à sécuriser notre départ pour le soir même : un vol à 17h30 sur Air Canada Montréal-Toronto et un vol à 23h55 sur Caribbean Airlines Toronto-Georgetown. Pour ce qui est des billets d’avion de la veille, on oublie ça, c’est complètement perdu ce qui fait qu’on a rajouté 1,500$ à notre voyage au Québec… une petite erreur assez dispendieuse quoi, mais à ce prix-là, je suis convaincue que ça ne m’arrivera PLUS JAMAIS, et que je vérifierai TOUS les détails de notre voyage plusieurs fois plutôt qu’une.
Finalement, à cause du changement d’heure de notre vol à Montréal, j’ai failli également manquer ma fille qui tenait absolument à me remettre un cadeau (à n’ouvrir qu’à la Fête des Mères) avant que je ne parte. Lorsqu’elle m’a rejointe sur mon cellulaire, j’avais déjà traversé la sécurité mais ça me crevait tellement le cœur que je suis revenue en suppliant les gardes de me laisser retourner. Ils ont accepté car ils voyaient bien Isabelle de l’autre côté de la porte qui me faisait de grands signes tout en me parlant sur le cellulaire. Bref, des adieux qui n’étaient rien pour me remonter le moral, au contraire… c’était digne d’un roman à l’eau de rose de Danielle Steel !
On est finalement rentré chez nous vers 10h00 le jeudi matin, après avoir quitté la maison de mes parents à 15h30 la veille… ça fait un long voyage, surtout quand on n’a pratiquement pas dormi de la nuit. Alors jeudi soir, puisqu’il n’y avait absolument rien à manger dans le frigo (les gardiens de la maison sont partis dès notre arrivée et n’ont absolument rien laissé de fruits ou légumes frais) nous sommes allés manger de la pizza avec nos amis québécois au Pégasus.
Vendredi et samedi ont servi à refaire les provisions et défaire les valises. J’avoue même que je me sentais tellement morose et que j’avais les blues, que j’ai décommandé la femme de ménage, car je n’avais pas envie de parler à personne.
Stéphane lui est reparti sur le campement dès samedi matin, mais il est revenu le soir même, découragé parce que le responsable à qui il avait laissé de l’argent pour réapprovisionner les hommes en nourriture et en fuel, n’avait apparemment rien fait de tout ça et il était introuvable. Lui qui de nature, fait confiance facilement, se sent de plus en plus désabusé et grandement déçu de la culture guyanaise. Malheureusement, de par son expérience, il ne peut faire autrement que de considérer les guyanais – sauf exception – comme des menteurs et des voleurs… Honnêtement, on a beau ne pas vouloir être raciste et ne pas généraliser, mais quand les gens nous déçoivent un après l’autre, on ne peut faire autrement que généraliser… du moins pour une certaine classe de gens, car on ne parle évidemment pas ici de professionnels…
mercredi 9 avril 2008
Youppi on rentre à la maison !
Contrairement à la dernière fois, j’avais prévu au moins 4 heures avant notre vol Toronto-Montréal et pour une fois, nous n’avons pas eu à courir comme des malades ! En plus de mes parents, mes trois enfants se sont donnés la peine de venir nous accueillir à l’aéroport, ce qui n’a pas de prix à mes yeux… j’espère qu’ils le savent !
Petite anecdote comique : en sortant de l’aéroport, j’ai poussé un « AH ! » de contentement, en respirant l’air frais de cette soirée printanière… sous les yeux de deux hommes amusés, qui ne savaient pas trop quoi penser de ma réaction… je me suis empressée de leur expliquer que je venais d’un pays où il fait très chaud 7 jours par semaine, sans beaucoup de répit et que ce climat québécois du printemps était pour moi tout à fait délectable.
mardi 8 avril 2008
Ma BA de la journée : le sauvetage d’un pauvre chien errant
Peu après son départ, alors que je travaillais dans mon bureau, toujours face à la fenêtre, j’ai aperçu un petit chien qui se glissait sous notre clôture. Je suis sortie dehors pour essayer de l’attraper, mais sans succès, il s’est rapidement sauvé. J’ai eu le temps de remarquer qu’il portait un collier, mais que physiquement, il était dans un état lamentable : la moitié du corps sans poil et plein de rougeurs et les pattes horriblement boursouflées. Comme il est revenu un peu plus tard, je me suis arrangée pour le coincer, en attendant que Stéphane revienne.
Pendant qu’il réglait des choses dans le bureau, d’autres gars l’attendaient dehors et j’en ai profité pour me faire aider à attraper cette pauvre bête, dans l’intention de la remettre à la SPCA. Malgré ses grognements, probablement parce qu’il était très apeuré, j’ai donc réussi à le mettre en cage, lui donner à boire et à manger. Les chiens errants sont seulement récupérés par les gens de la SPCA lorsqu’on a réussi à les attraper. Ils ne les ramasse pas dans la rue.
En tout cas si ce chien avait un maître (puisqu’il portait un collier), ce dernier ne le mérite tout simplement pas, à voir l’état dans lequel se trouvait ce pauvre animal.
Après le souper, alors que nous complétions nos valises pour nos deux semaines de vacances au Québec, nos « gardiens de maison » sont venus coucher à la maison. Talia et Robin, ce jeune couple qui enseigne à l’Univesité de la Guyana, sont arrivés vers 20h00 et je les ai mis à leur aise, tout en leur faisant le petit briefing accompagnant le document « Aide-mémoire » préparé à leur intention, avec tous les nos, les ressources et les instructions pour prendre bien soin de notre chien Brutus et de notre chat Filou.
Comme d’habitude lorsque nous nous préparons à rentrer au Québec, l’excitation nous empêche de nous endormir tôt…
lundi 7 avril 2008
Conflit culturel majeur à cause des chiens !
Lorsque je me suis réveillée pour de bon vers 7h30, j’ai réalisé qu’il n’était pas rentré, alors que normalement, il passe rarement plus de 15 minutes sans miauler à fendre l’âme pour qu’on lui ouvre la porte. Immédiatement, j’ai senti que quelque chose n’était pas normal. Je me suis habillée en vitesse et je l’ai régulièrement appelée jusqu’à 9h00, heure à laquelle Stéphane est parti, en prenant soin de garder Brutus à l’intérieur. Je suis alors sortie du terrain, parapluie en main pour me protéger du soleil, en appelant son nom dans les rues avoisinantes, jusqu’à ce que je me dirige vers notre fameux voisin que j’avais déjà réprimandé parce que l’un ou plusieurs de ses 5 chiots venaient voler des jouets à Brutus sur notre propre terrain. Encore une fois, depuis deux jours je ne trouvais plus son toutou et ce matin, Stéphane m’avait dit avoir laissé la brosse du chien dehors (car on lui a donné un bain hier), mais je ne la voyais nulle part.
Bref, c’est avec horreur qu’une fois de plus, j’ai retrouvé le toutou dans la rue, en face de sa maison et quelques pieds plus loin la brosse, toute mâchouillée et devenue inutilisable. Les articles dans une main, j’ai immédiatement sonné à la porte de la maison de l’autre et c’est une fillette d’une douzaine d’années qui a répondu au balcon supérieur. Ses parents n’étaient pas là et répondant à ma question, elle m’informa qu’ils seraient de retour à 18h00. En lui montrant ce que j’avais dans les mains et en lui expliquant que je craignais que leurs chiens aient fait du mal à mon chat, j’ai éclaté en sanglots, la rage au cœur et bien déterminée à revenir leur dire ma façon de penser en soirée.
A contrecoeur, je me suis résignée à rentrer à la maison, prenant soin de laisser Brutus à l’intérieur. Je me suis réinstallée à mon bureau, qui fait face à la fenêtre me permettant d’observer la clôture de l’entrée, en essayant de me concentrer mais n’ayant vraiment pas la tête au travail…
La maison est complètement entourée d’un mur de ciment, sauf pour l’entrée principale (la porte du côté elle étant finement grillagée jusqu’au sol) que j’observais continuellement du coin de l’œil… jusqu’à ce que j’aperçoive mon Filou se faufiler sous la clôture et se diriger vers la porte d’en avant en rampant le ventre au sol. J’ai sauté de ma chaise en allant à sa rencontre et en pleurant de joie et de soulagement !
Quant à lui, il est immédiatement allé se terrer en arrière d’un fauteuil et n’a pas voulu bouger de là pour les 3 prochaines heures. De toute évidence, il a été traumatisé, probablement de s’être fait pourchasser par un chien, si ce n’est plusieurs… et a réussi à se cacher quelque part jusqu’à ce que la voie soit libre.
J’ai pu me remettre au travail le cœur un peu plus léger, mais histoire de me défouler, j’ai décidé d’aller faire des longueurs au Pégasus, où Stéphane est venu me chercher vers 18h00. Nous sommes allés faire une petite épicerie, manger une bouchée et j’avais très hâte de rentrer à la maison pour aller affronter ce voisin qui n’est pas capable de garder ses chiens dans sa cour !
Stéphane m’a accompagnée – car j’y allais avec ou sans lui – et pendant notre discussion, je nous faisais penser aux policiers dans « Bon cop, bad cop » ! et ce n’était pas Stéphane le mauvais garçon !
Toujours bouleversée, après avoir cru perdre mon fidèle compagnon de 8 ans, je n’ai pas mâché mes mots à l’endroit de ce propriétaire à qui j’avais déjà demandé poliment – voilà déjà plusieurs semaines – de faire en sorte que ses 8 chiens (3 adultes et 5 chiots de 7 mois) restent dans sa cour et cessent de vagabonder dans la rue.
Même s’il a fait l’effort d’installer un grillage à sa clôture, celui-ci n’a pas tenu le coup parce que pas assez solide. Il a ensuite affublé les chiots de colliers-triangle en bois, mais ça ne les a pas empêché d’apprendre à se tortiller suffisamment pour réussir néanmoins à se faufiler entre les barreaux de la clôture. Voyant ses tentatives de remédier au problème infructueuses, il a tout simplement laissé faire en se résignant, comme si les animaux étaient simplement plus « smattes » que leur maître !
Je ne me suis donc pas gênée pour le lui faire remarquer, preuve à l’appui – la brosse de Brutus complètement détruite – et sur un ton pas mal moins poli que la première fois. En fait, c’est Stéphane qui tempérait mon discours mais il était clair que je n’entendais pas à rire quand je lui ai dit qu’il devait prendre ses responsabilités envers ses propres chiens et respecter ses voisins.
Il s’est montré légèrement piteux en mentionnant qu’il installerait un grillage beaucoup plus résistant mais jamais, en aucun moment, il ne s’est excusé du comportement de ses chiens et de la peine qu’ils m’avaient causée.
jeudi 3 avril 2008
Petite activité promotionnelle pour le B & B
Après son départ et suite à l’entrevue téléphonique qu’il a donnée hier soir à un journaliste local, j’ai reçu quelques appels de personnes ayant lu l’article dans le journal (en fait, le journaliste avait de toute évidence vendu son papier à 2 journaux…) et qui s’inquiétaient pour Stéphane. Le premier de ces appels fût donné par une représentante du Haut-Commissariat Canadien, pour s’assurer qu’il n’avait gardé aucune conséquence corporelle, du moins c’est ce que j’imagine… La dame, que nous connaissons bien pour l’avoir côtoyée à plusieurs reprises, m’a expliqué que qu’il existant une entente avec les autorités policières pour que ces dernières avisent son Bureau lorsque des événements criminels impliquaient un citoyen canadien.
Honnêtement, je ne sais pas trop ce que ça change et ce qu’ils peuvent faire de plus, mais c’est légèrement rassurant de savoir que notre pays a l’œil sur ses citoyens dans le monde…
Le reste de la journée, j’ai concentré toutes mes énergies à préparer mes deux « paniers-cadeaux » que j’avais planifié envoyer à deux organisations d’importance, pour faire la promotion du Business Bed & Breakfast : ce même Haut-Commissariat Canadien et le Caricom Secretary, situé à distance de marche de chez moi et qui emploie des centaines de personnes de toutes les parties des Caraïbes.
Avec l’aide de Colette, nous avons donc cuisiné des douzaines de biscuits à l’avoine roulé, carottes et raisins, ainsi que des muffins aux bananes et aussi à l’avoine roulé. Plus santé que ça, tu meurs !
J’ai ensuite emballé individuellement chaque muffin et deux biscuits ensemble, avec du papier cellophane attaché par un ruban décoratif, que j’ai également utilisé pour insérer dans une de mes cartes d’affaires trouées. Comme elles sont en couleur, le montage final donnait un effet très coloré et c’est non sans fierté que j’ai fait livrer les paniers à deux personnes-contact, désignées pour faire circuler le panier, par mon chauffeur de taxi Andrew, en qui j’ai entièrement confiance.
D’ailleurs, la confirmation de livraison est arrivée par la suite grâce aux appels que j’ai reçus de gens me connaissant et me remerciant pour cette « pause-café » inattendue. Évidemment, tout ça est rendu possible par la présence de Colette, mon aide ménagère, qui nettoie en arrière de moi et me donne un sérieux coup de main.
Dans un autre ordre d’idée, plus la journée avançait et plus je redoutais de souper seule, après ce qui était arrivé à Stéphane hier. Comme je l’ai déjà mentionné, la plupart des gens que je connais en Guyana sont en couple, mais j’ai alors pensé à ce médecin originaire de la République Dominicaine, Ruben, qui enseigne à l’Université de médecine Greenheart et qui habite tout près de chez moi. Je ne sais pas grand-chose de lui mais je sais qu’il est seul ici et quand je l’ai rejoint pour l’inviter et avoir de la compagnie, il n’a pas hésité une seconde !
Nous avons soupé dehors, malgré le fait que ça faisait très loin de la cuisine et que souvent en fin de journée, j’ai beaucoup de difficulté à poser le pied gauche par terre (à cause du syndrome de L’Épine de Lenoir). Vers 20h30 cependant, alors que je commençais à bailler et à me frotter les yeux en me demandant c’était quoi mon problème, j’ai soudainement réalisé que j’étais réveillée depuis 5h00 du matin ! Malheureusement, mon invité ne semblait pas avoir l’intention de partir si tôt mais je ne tenais plus debout et j’ai littéralement dû lui demander qu’on reprenne la conversation… une autre journée !
mercredi 2 avril 2008
Stéphane est victime d’un hold-up !
Tout de suite après, j’ai donc entrepris mon calvaire hebdomadaire, en faisant la tournée des magasins pour entre autre, trouver ce dont j’avais besoin pour une idée qui m’est venue vendredi dernier. En effet, lorsque j’ai eu la visite de Caricom, j’ai expérimenté une autre surprise culturelle : lorsque j’ai offert aux 2 dames la pause-café de l’après-midi (il était environ 15h00), avec jus et muffins et biscuits faits maison, elles m’ont répondu qu’elles n’en avaient pas le temps et devaient retourner au bureau rapidement mais… qu’elles le prendraient pour apporter !!!
Je ne m’attendais tellement pas à ça que je suis restée bouche bée avant de bégayer… « Ah bon… d’Accord, un instant, je vais vous les emballer ». Il ne me serait jamais venu à l’idée de faire une telle chose dans mon pays… où ce serait totalement inconvenable mais bon, j’en ai pris ma pilule. C’est en racontant l’anecdote à Stéphane que j’ai pensé « S’ils en veulent au bureau de mes muffins et biscuits santé, je vais leur en apporter ! » J’ai donc décidé de préparer des paniers promotionnels, remplis de portions individuellement emballées, attachées avec un ruban passant dans une carte d’affaire trouée. Je devais donc trouver des paniers les moins chers possibles (puisque je ne les reverrais pas), du ruban et du papier cellophane transparent pour emballer les paniers. Facile au Québec… moins évident ici à Georgetown…
En arrêtant pour luncher au Café Oasis, j’ai rencontré une femme que je connais (connaissance d’une connaissance…) qui mangeait seule et à qui je me suis jointe pour une bouchée rapide. En jasant de choses et d’autre, et parce qu’elle doit se promener pas mal dans le pays pour son travail, elle m’a demandée si je m’inquiétais du taux élevé de crimes, qui semble s’être accru dernièrement. Je lui ai répondu que je refusais de me laisser miner le moral par mes peurs et que j’essayais de toujours rester positive en focusant sur le meilleur, non sur le pire.
Eh bien disons que ma foi dans « Le Secret » fût mise à rude épreuve en fin de journée, quand Stéphane est rentré à la maison. Accompagné de son assistant principal, il m’a annoncé qu’on l’a agressé en début d’après-midi, pour lui voler son sac qui contenait un retrait de la banque du matin de 200,000 GY$ (1,000$ CA).
Il était environ 13h00 et se trouvait en plein magasin entrain de faire des achats, penché au-dessus du comptoir entrain de parler au commis, son porte-documents (où se trouvait l’argent) bien calé sous le bras, lorsqu’il a senti quelqu’un s’en emparer d’un coup sec par derrière.
Il s’est retourné rapidement et comme il se mettait en mouvement pour sauter sur son agresseur, ce dernier lui a pointé un revolver en plein visage l’air de dire « Ne t’avise surtout pas de me faire des misères… » Il s’est alors mis à courir, avec malgré tout Stéphane sur les talons, mais en tournant le coin de rue, une motocyclette l’attendait et il est disparu dans la brume.
De toute évidence, le voleur le pistait depuis sa sortie de la banque le matin et il s’est totalement foutu de la dizaine de clients présents en magasin. Ce qui enrageait le plus Stéphane dans toute cette histoire, c’est qu’il a passé plusieurs années – dans sa vingtaine – à entraîner des équipes de sécurité, ayant également pratiqué plusieurs arts martiaux, mais le tout s’est passé tellement vite qu’il a littéralement « figé ». Ça fait évidemment très longtemps qu’il ne s’est plus entraîné à ça d’une part et c’est également la première fois de sa vie qu’il se retrouve avec une arme à feu à 12 pouces du nez ! Pourtant, il les connaît les mouvements qui auraient pu désarmer son assaillant instantanément… il s’en voulait à mort de ne pas avoir réagi plus vite mais quant à moi, je me dis que c’était probablement mieux comme ça. C’est une décision d’une fraction de seconde pour qu’un coup parte lorsque quelqu’un se sent en danger…
Seule note positive, il a miraculeusement récupéré son porte-document – sans l’argent bien sûr – car celui-ci était identifié au GGMC (Guyana Gold Mining Commission) et les voleurs, en circulant devant la bâtisse, l’ont lancé à bout de bras et il a atterri dans la boîte de pick-up d’un véhicule stationné devant. Le propriétaire l’a donc rapporté au poste de sécurité et grâce à son cahier de notes identifié « En cas de perte contactez…. » on l’a rappelé une heure plus tard pour qu’il vienne le chercher. Remercions le ciel qu’il ait ainsi pu récupérer tous ses documents importants, dont la perte lui aurait causé de sérieux maux de tête… Évidemment, il a passé le reste de la journée au poste de police.
De plus, avec deux rapports de police pour vol en moins de 3 semaines, nul doute que ça aidera amplement sa cause pour justifier auprès du Commissaire de Police d’obtenir une licence de port d’arme. Il repart demain pour le camp mais à son retour, je ne le lâcherai pas d’une semelle tant que ça ne sera pas réglé. Peut-être que si les bandits qui l’ont suivi avaient su qu’il était armé, ils l’auraient laissé tranquille. En tout cas, Stéphane aurait pu dégainer (c’est ce qu’il m’a expliqué) lorsque le voleur s’enfuyait en courant et il aurait pu lui tirer dans les jambes. De toute façon, ça me rassurerait de savoir qu’il a de quoi se défendre, puisqu’il a déjà beaucoup d’expérience avec les armes à feu, car il se trouve qu’il pourrait décrire exactement ce que le gars avait dans les mains, bien plus que le voleur lui-même.
Ma première réaction fût bien sûr de dire « Mais qu’est-ce qu’on attend pour criss… notre camp d’ici !?! » Disons qu’au souper, nous en avons longuement discuté mais comme moi, Stéphane est quelqu’un de loyal, déterminé, persistant et même si l’aventure d’exploitation d’or se révèle beaucoup plus difficile qu’il ne l’avait imaginé, il refuse de laisser tomber, surtout pas l’entreprise qui lui a fait confiance. Ça ne m’empêche pas d’avoir des frissons dans le dos quand je pense à comment ça aurait pu mal tourner…
mardi 1 avril 2008
Le temps file à grande allure !
Vendredi dernier, j’ai reçu la visite de deux femmes qui travaillent au CARICOM (Secrétariat pour le développement des Caraïbes), le gros building que je vois de ma terrasse. L’une d’elles avait déjà un besoin particulier de chambre à utiliser pour faire des entrevues avec un panel, car leurs propres salles de conférences sont ne sont pas disponibles.
Je ferai tout en mon pouvoir pour les accommoder, quitte à sortir un lit d’une chambre (c’est ce que je lui ai proposé dans un courriel en soirée), car je suis persuadée qu’une fois les relations établies avec les bonnes personnes, elles me référeront régulièrement des visiteurs car leur mandat les amène à interagir fréquemment avec des professionnels de toutes les îles environnantes.
J’ai également reçu une deuxième visite d’une autre femme qui travaille pour une compagnie minière canadienne et demain, je recevrai deux hommes pour une nuit et ils seront de retour le 8 avril, la veille de notre départ pour le Canada. Il reste quelques détails à déterminer car ils repartent le même matin que nous.
Plus je progresse dans ce type de business, plus j’aime ça ! Étant d’une nature beaucoup plus sociable que solitaire, je me sens comme un petit poisson dans l’eau. Je me verrais très bien finir mes jours n’importe où dans le monde, habitant une belle grande maison (que j’aurais fait construire selon MES spécifications) et recevant des gens et des amis de partout… Probable que cette première expérience me sert à préciser mes buts futurs et me donner une raison de plus pour utiliser « Le Secret », philosophie dont je suis de plus en plus adepte.
Chose certaine, malgré l’éloignement de mes enfants et de mes amis qui me pèse, je ne peux nier mon appréciation de l’absence de l’hiver morose et sans fin du Québec, particulièrement cette année. La nature toujours en éveil, l’absence d’embouteillage sur la route, jamais de « slush » ou de pluie verglaçante… faut bien que ça compense un peu pour ce que je souffre de ne voir mon monde que 4 fois par année…
Aucun développement en ce qui concerne le vol du back pack de Stéphane : apparemment que la police sait exactement qui a fait le coup, mais le malfaiteur a sûrement dû se faire dire qu’on est sur sa trace car il a disparu de la ville. On attend juste de le retracer pour lui mettre la main au collet, mais comme ça fait déjà presque 2 semaines, les chances de retrouver ses effets diminuent à chaque jour qui passe.
J’ajoute continuellement des items sur la liste de choses que je veux ramener de Montréal et elle s’allonge dangereusement… je dois me renseigner demain sur une compagnie de transport qui nous permet d’avoir un genre de « boîte postale ». Je dois essayer de m’organiser mieux que ça sinon je ne viendrai pas à bout de rénover la maison à mon goût, en trouvant de temps en temps, par ci par là, des choses qui ont de l’allure ici en Guyana !
Aujourd’hui, Stéphane a pris une journée de congé bien méritée. Nous sommes donc allés la passer au Splahmin’s, où il aime se détendre en faisant de la détection. Malheureusement, la « pêche » n’a pas été très fructueuse aujourd’hui (il a trouvé seulement 1 bague en or), mais comme il m’expliquait, c’est encore mieux que de rester allongé sur une chaise à regarder les oiseaux passer !
Moi j’ai apporté mon lap-top et j’ai travaillé le temps que m’a duré ma pile, un peu plus de 2 heures, ensuite j’ai terminé de lire un livre que j’achevais, j’ai fini de lire mon Reader’s Digest et à 16h30, il était temps de partir car je n’avais plus rien d’autre à faire que tricoter ! Je suis allée faire trempette dans la rivière, mais ma mise en pli de samedi dernier chez un nouveau salon que j’ai essayé (quand je dis mise en pli je veux dire avoir les cheveux « raides ») a tellement bien tenu – je devrai absolument leur demander leur secret – que je n’avais pas envie de me mouiller la tête.
Demain, le couple qui est sensé habiter ici pendant notre absence doit venir faire un tour pour leur faire faire la « tournée du proprio » et faire encore plus ample connaissance avec Brutus et Filou. Nous finaliserons les détails et la femme de ménage viendra quand même 2 fois par semaine.
jeudi 20 mars 2008
Journée dans un « resort » guyanais
Après environ 25 minutes de route, nous avons rejoins le lieu d’embarquement sur le bord de la rivière Demerera, où nous attendaient quelques chaloupes à moteur. On a remonté cette rivière majeure pendant quelques minutes seulement, avant de bifurquer sur un petit affluent que le patron appelle un « creek », même si c’est une belle petite rivière pour moi !
Nous avons sillonné ce cours d’eau approximativement 40 minutes avant d’arriver à destination, parcours entrecoupé d’un arrêt dans un véritable village amérindien, appelé Santa Mission. C’est d’ailleurs le village d’une femme qui était déjà venue chez moi nous vendre de l’artisanat à moi et des copines, avant qu’on se rende compte en trouvant des items semblables dans d’autres boutiques, qu’elle nous avait chargé au moins le double !
Effectivement en étant à l’endroit même où les amérindiennes confectionnent leurs petits chef-d’œuvre d’artisanat, j’ai pu remarquer que les prix des paniers et autres objets finement tressés étaient pas mal plus abordables…
mercredi 19 mars 2008
Stéphane offre une récompense pour ses articles volés !
Il est revenu à la maison en disant que ça n’avait pas donné grand-chose, mais qu’il avait promis une généreuse récompense à quiconque l’aiderait à retrouver ses affaires volées. Le temps de se préparer un autre petit sac de vêtements de rechange, il est reparti pour le campement vers 12h30, me disant qu’il reviendrait vendredi ou samedi.
Pour souper, j’ai décidé d’aller visiter l’hôtel/restaurant Roraima, dont nous avions rencontré le propriétaire la semaine dernière au séminaire organisé par le Haut-Commissariat. Mon invité Jean-Thomas m’a accompagnée et nous avons pris l’apéro avec le proprio lui-même, également pilote d’avion pour sa propre compagnie aérienne locale. Un autre guyanais possédant également la citoyenneté canadienne et dont les enfants étudient à Toronto… un chic type, qui nous a gracieusement invité à son resort demain.
Comme je n’avais pas de rendez-vous externe et Jean-Thomas non plus, nous avons accepté sans hésiter ! Nous devrons donc être de retour ici à 6h45 demain matin.
A la fin du repas, j’ai fait une grosse gaffe. J’ai demandé à ce qu’on nous apporte une facture séparée. ERREUR ! Voyant la serveuse au loin qui calculait sur le comptoir depuis 10 minutes, on s’est levé et sommes allés la rejoindre, car j’ai dit à Jean-Thomas qu’habituellement lorsque le client se lève pour partir… ça accélère le processus.
La pauvre serveuse était tellement mêlée, car en plus, elle traitait les drinks et la nourriture sur deux factures séparées… donc 4 factures en tout. Ensuite, elle comptait tout en US pour convertir en Guyanais… Avec ma patience légendaire (ou plutôt sa totale absence !), je me suis emparée des factures et de sa calculatrice pour m’apercevoir qu’on nous avait chargé les items pris par le propriétaire lui-même : une soupe sur la facture de Jean-Thomas et un verre de vin sur la mienne. Je leur ai dit d’enlever ça tout de suite, car j’étais vraiment insultée… Bref, on en a eu pour plus de 20 minutes, jusqu’à ce que je fasse le calcul moi-même, que je sorte mon argent en lui disant : « Tiens, c’est ça que je te dois et si ce n’est pas correct lorsque tu auras fini tous tes calculs, ben tu viendras nous voir demain matin à 7h00, on va être ici… Merci et Bonne Nuit !
Désolée pour elle, mais je crois que son patron devrait s’assurer que les employés savent compter avant de les engager… C’est sûr et certain qu’un client normal, ne connaissant pas la Direction, se serait juré de ne plus jamais remettre les pieds ici, malgré la nourriture tout de même très bonne et le service du début impeccable.
mardi 18 mars 2008
Stéphane se fait cambrioler !
Lui et Stéphane sont partis très tôt, ce dernier en direction du campement pour au moins 4 à 5 jours. En moins de 10 minutes, en faisant un arrêt au marché Bouda pour acheter de la viande et d’autres provisions, on a défoncé la serrure de son pick-up et il s’est fait voler son sac à dos contenant la plupart de ses équipements électroniques ayant beaucoup de valeur : en plus de ses vêtements et tous ses produits personnels pour les 5 prochains jours, il contenait son lap-top, son Palm Tungsten, la caméra numérique et pire encore, le tout nouveau rasoir électrique haut-de-gamme que je venais tout juste de lui acheter pour son anniversaire, le mois dernier !
Il m’a téléphonée du poste de police, avec une voix d’enterrement, pour m’expliquer qu’il s’en reviendrait à la maison après sa déposition, puisqu’il n’avait rien à se mettre sur le dos pour son voyage et qu’il était d’ailleurs trop tard pour entreprendre ce périple de 6 heures.
Entre-temps, il m’a demandé de trouver un endroit dans le voisinage où il pourrait entreposer pour la nuit, la viande et les poulets entiers qu’il avait achetés pour le cuisinier du camp, sachant que j’avais fait le marché la veille et que notre petit congélateur du frigo était plein à craquer !
J’ai finalement trouvé chez Amy, notre voisine, qui possède un congélateur séparé, chez qui il a fait un saut en revenant à la maison. De mon côté, je n’avais rien prévu pour le souper, sinon de faire découvrir à Jean-Thomas mon invité, le restaurant de mon ami Jai, le Sizzling Platter. Visiblement abattu et avec raison, j’ai donc proposé à Stéphane de venir avec nous et de se changer les idées en prenant un verre…
Peu après notre retour, vers 22h30, il a reçu un appel du poste de police, l’informant qu’on avait appréhendé un suspect et lui demandant de venir assister à l’interrogatoire, demain matin 8h00. Une infime lueur d’espoir s’est alors rallumée en lui…
dimanche 16 mars 2008
La grippe m’oblige à me reposer…
Stéphane de son côté travaillait dans son atelier, et en dehors du garage, où il fait des analyses d’extraction de minerai. J’étais tellement amochée que c’est même lui qui a fait la sauce à spaghetti, pendant que je préparais la salade. Notre invité Jean-Thomas n’a pu résister à une bonne sauce québécoise et s’est joint à nous pour le souper. Finalement nous nous sommes mis au lit assez tôt pour finir d’écouter le dernier épisode de la première saison de la série « Heroes », qu’on a « dévoré » depuis 2 semaines. Super divertissant !!!
samedi 15 mars 2008
Une grippe en provenance… du Canada !
Malgré tout et malgré mon talon douloureux, fidèle à moi-même, je me suis « retroussée les manches » (façon de parler puisque je ne porte pratiquement jamais de manches ici….) et j’ai pris mon courage à deux mains pour donner une couche de peinture dans la chambre à laquelle je suis entrain de donner un « make over ».
Heureusement que Colette (mon aide ménagère) était là pour faire le reste !
J’ai arrêté juste à temps pour aller prendre ma douche et me préparer car hier, Stéphane avait reçu un appel d’une voisine nous invitant à son party d’anniversaire. C’est une famille hindoue très à l’aise financièrement et ils avaient fait les choses en grande avec la terrasse arrière aménagée en Grande occasion : tables et chaises louées, lumières de Noël, système de son à réveiller des morts, bar ouvert, buffet chaud servi sur des réchauds, etc.
Malheureusement, à la fin de la journée, j’étais totalement épuisée et assommée par ma grippe. Vers 18h00, lorsque j’ai dû téléphoner à Dolly pour confirmer qu’un repas était servi – parce que Stéphane voulait que je lui fasse à souper, pensant que non, la bouffe n’était pas au menu – j’ai dû préciser que j’allais surtout pour faire acte de présence car je ne me sentais vraiment pas bien.
C‘était sans compter sur les mœurs et coutumes locales !!! Nous sommes arrivés vers 19h00 et déjà, après une heure de mouchage et à m’essuyer les yeux qui coulaient, je me suis renseignée auprès de mon hôte du déroulement de la soirée car on voyait bien que personne ne touchait encore au buffet, sauf pour quelques grignotines du genre « amuse-gueules ». Elle m’a alors expliqué que la coutume veut que l’ouverture officielle de la réception est rattachée à la coupe du gâteau et qu’APRÈS, on passe au buffet. Je lui ai expliqué que par chez nous, c’était le contraire, le gâteau étant un dessert. Ils ne le mangent pas avant tout de même, mais le geste lui-même semble leur être très significatif.
Bref, après l’arrivée de 4 ou 5 gâteaux différents, apportés par certains invités (qui au plus fort de la soirée se chiffraient à près de 100 personnes), ils se sont décidés à le couper aux environs de 20h30, avec une bonne session de photographie . J’étais déjà prête à aller me coucher, mais Stéphane se lamentait qu’il avait faim et qu’il voulait au moins manger avant de partir… tout à fait légitime !
Ce qu’on n’avait pas prévu par contre, c’était le cortège de déclarations de souhaits de toutes sortes par les amis et la famille qui prenaient le micro un à la suite de l’autre… seul le geste de devoir applaudir après chacun me gardait réveillée !!!
Bref Stéphane est passé au buffet (moi j’ai eu juste un petit peu de place pour le morceau de gâteau J ) il devait être pas loin de 21h30. Quand on est rentré à la maison, j’ai remarqué qu’il n’était que 22h00, alors que j’avait la ferme impression qu’il était près de minuit ! Je me suis littéralement effondrée dans mon lit…
vendredi 14 mars 2008
Une vieille blessure au talon a refait surface
En plus du ménage habituel elle m’aide donc à débarrasser la table, faire la vaisselle, préparer les fruits et légumes dont j’ai besoin pour cuisiner, faire la chambre de l’invité tous les matins, etc. J’apprécie beaucoup son travail – et je le lui ai dit – car elle est vive d’esprit, ouverte à mes commentaires et suggestions, travaille vite et bien et je n’ai jamais besoin de lui répéter deux fois ce que je lui demande de faire.
A ma défense cependant, je dois préciser que depuis deux semaines maintenant, je me déplace péniblement, alors qu’une vieille blessure au talon gauche a refait surface. C’est ce qu’on appelle une « Épine de Lenoir », qui s’était développée il y environ 8 ans et qui a recommencé à faire des siennes suite à la longue marche que j’ai fait avec un groupe de marcheurs…
J’avais commencé à sentir de la douleur intermittente au talon mais depuis cette journée-là, ça me fait carrément boiter et ça m’arrache régulièrement des petits cris de douleur. A l’époque, j’en étais venu à bout avec des semelles orthopédiques que je portais dans mes chaussures « fermées » mais depuis plusieurs mois maintenant je marche en sandales, la plupart du temps sur une surface de céramique très dure. Rien pour aider ma cause quoi.
J’ai donc ressorti ma cane du garde-robe, car je dois essayer de mettre le moins de pression possible sur mon pied, faire des compresses de glace le soir, prendre des anti-inflammatoires et des anti-douleurs quand ça devient insoutenable (dépendant si j’ai marché beaucoup dans la journée ou non).
Finalement, le meilleur traitement serait que je remette mes souliers de courses (qui contiennent mes semelles orthopédiques) le plus souvent possible, mais comme c’est pas très joli en jupe ou en capri… pas besoin d’en dire plus…
Tout ça pour expliquer que malgré toute ma bonne volonté - moi qui adore marcher – je m’abstiens même de faire faire une promenade à Brutus et tout ce que je fais dans la maison – déjà qu’elle est immense – me prend le double du temps car je me déplace très lentement. Soit en boitant ou sur le bout du pied.
C’est pour ça que je me dis qu’à 10$ par jour, je serais bien folle de me passer de mon aide ménagère, même si oui j’ai parfois l’impression de l’exploiter et qu’il m’arrive régulièrement d’être mal à l’aise quand je la paie. Tout le monde nous a avertit par contre de ne rien changer à ça, car c’est le tarif en vigueur… même que certaines femmes gagnent moins ! Je me fais donc un devoir d’être gentille et respectueuse avec elle et de lui faire des petits cadeaux lorsque l’occasion se présente.
jeudi 13 mars 2008
Séminaire organisé par le Haut-Commissariat Canadien
Le séminaire débutait à 8h00 ce matin, mais je devais attendre l’arrivée de mon aide ménagère pour 3 raisons :
1. Je ne suis pas prête à lui laisser une clef
2. De toute façon, elle n’est pas assez confortable avec Brutus et je dois l’enfermer quand je pars.
3. Je voulais lui donner mes instructions sur ce qu’il y avait à faire aujourd’hui.
Stéphane et le journaliste sont donc partis très tôt et moi je suis allée les rejoindre sur l’heure du dîner. Je dois avouer que j’avais là une belle occasion de faire un peu de promotion pour mon établissement et de distribuer les cartes d’affaires toutes neuves que je venais juste d’aller chercher chez l’imprimeur. Un côté sert au Business Bed & Breakfast et l’autre à Organimax, pour mes services de consultation.
J’ai également porté beaucoup d’attention aux conférenciers car directement impliquée dans l’administration de Excel Gold Guyana Inc., le sujet m’intéressait vivement.
L’événement se concluait par une soirée donnée chez à la résidence du Haut-Commissaire lui-même, avec une formule cocktail dînatoire ou encore là, j’ai rencontré plein de gens intéressants et fait de très bons contacts, à différents points de vue.
Un des contacts les plus apprécié cependant, fût le tout dernier que j’ai fait avant de partir, alors que saluant l’épouse du Haut-Commissaire et nous dirigeant vers la grille de sécurité, j’ai aperçu ses magnifiques jardins. Moi qui adore les plantes et jardiner, du coup, je me croyais au paradis ! Nous nous sommes mis à échanger sur notre amour du jardinage et je lui posais plein de questions sur les différentes plantes, alors que les deux hommes m’attendaient à la sortir !
Elle m’a gentiment fait faire le tour du jardin et comme je m’extasiais de la beauté des plantes tropicales, m’a promis de me donner des boutures puisque ça pousse à un rythme effarant ici ! Je lui ai remis ma carte d’affaires elle m’a dit que d’ici deux semaines – la semaine prochaine étant très occupée – elle me contacterait. J’ai vraiment hâte de voir si elle s’en rappelera…
mercredi 12 mars 2008
Arrivée d’un autre invité de mon Bed & Breakfast
Ce n’était pas catastrophique car elle avait nettoyé la maison à la grandeur hier et tout était très propre pour l’arrivée d’un autre invité (je préfère utiliser ce terme à celui de client… non seulement ça fait plus chaleureux et moins mercantile, mais je ne risque pas de me tromper en parlant à ma propriétaire, lorsque je lui dis que j’attends un « guest »).
Jean-Thomas – un jeune Montréalais de 26 ans – a pris contact avec moi à travers mon blogue, en faisant des recherches sur Internet. Suite à une maîtrise en journaliste international et récipiendaire d’une Bourse d’études, il utilise celle-ci pour voyager en Amérique du Sud et faire un reportage sur les compagnies minières canadiennes établies en Amérique du Sud, pour le compte de CBC, où il travaille maintenant régulièrement.
Pour son séjour d’environ 3 mois, il s’est « établi » en Guyanne française, mais ses recherches l’amènent également au Suriname et en Guyana. Comble de chance pour lui, je lui ai mentionné dans nos échanges de courriel que nous devions assister demain à un Séminaire sur la Responsabilité Sociale Corporative des compagnies minières canadiennes, organisé par le Haut-Commissariat canadien.
J’avais mandaté Andrew pour aller le chercher à l’aéroport, avec une pancarte identifiée à son nom et il est arrivé vers 10h00.
Contrairement à mon invité de la semaine dernière par contre, qui travaillait à l’Université et allait souper avec ses collègues de travail, Jean-Thomas n’avait nulle part où aller et ne connaissait personne ici. Même si j’annonce une formule « Bed & Breakfast », lorsque vint l’heure du souper, je me sentais un peu mal à l’aise de le faire sortir pour aller souper. J’avais d’ailleurs prévu que ça finirait par arriver un jour ou l’autre et j’avais déjà réfléchi à la possibilité que des invités veuillent souper ici.
Je lui ai donc proposé de lui offrir le repas complet et de manger avec nous, moyennant un tarif sur lequel on s’est entendu et un « running bill » qu’il signerait au fur et à mesure. De toute façon, j’ai toujours aimé ça « avoir de la visite » et d’un tempérament très jovial, sympathique et très articulé… je m’y attendais un peu quand même, la conversation fût très agréable et instructive. Je crois que mon chum aussi appréciait la compagnie d’un des nôtres… on voit bien que ça nous manque un peu !
samedi 8 mars 2008
Départ du premier invité du Business Bed & Breakfast
En plus de devoir mettre sur pied toutes les procédures de contrôle, superviser les payes, gérer les fournisseurs et bref, supporter mon chum dans tout l’aspect administratif de ses opérations (ressources humaines, informatique, comptabilité, administration générale, etc.), j’ai décroché la semaine dernière deux contrats de consultation (finalement!) avec une clinique vétérinaire et une entreprise de location d’équipement pour événements.
La cerise sur le sundae, c’est le Bed & Breakfast qui a pris son envol ! Mon premier invité est arrivé pour coucher mardi soir et est reparti aujourd’hui. Il m’a été référé par un de mes voisins américains et c’est un médecin sur le Conseil d’administration du « Greenheart « Medecine University ». Je dois juste faire attention et contrôler Brutus, car il en a un peu peur…
Mon prochain client lui – un journaliste de Radio-Canada - arrive la mardi prochaine et tout cela m’a donné le feu vert pour investir dans la place en terme de « finition » : rideaux, couvre-lits, tables de nuit et lampes, etc. Ça m’oblige donc à enfiler une myriade de magasins afin de venir à bout de trouver des accessoires potables et ce, malgré tout l’aide que mon chauffeur Andrew peut m’apporter.
Je n’ai donc pas d’autre choix que de ralentir le rythme de mes « confidences publiques » car mine de rien, ces épanchements littéraires me bouffaient énormément de temps.
Mine de rien, il faut refaire la chambre de l’invité tous les jours, s’assurer que tout est impeccable, en plus du déjeuner qui ajoute un peu de vaisselle (ça paraît, en l’absence de lave-vaisselle !), bref, j’ai ajouté quelques journées de travail à Colette, la femme de ménage. Je paye de ma poche ces journées supplémentaires, car ça me donne du temps supplémentaire pour « faire du bureau ».
Ce fût somme toute très agréable d’avoir un invité dans la maison, surtout les jours où Stéphane fut parti sur le campement. Même s’il partait travailler toute la journée et ne rentrait souvent qu’après le souper vers 21h00, c’était réconfortant de savoir qu’un autre humain reviendrait à la maison et que si jamais il m’arrivait quelque chose, je ne resterais pas là à décomposer jusqu’au retour de Stéphane !
De plus, mon client était super intéressant : un médecin également, naturopathe, né en Inde, élevé en Allemagne, maintenant résident du Maryland, il a voyagé à travers le monde et est extrêmement bien connecté sur la communauté médicale et en général. De toute évidence, il appréciait beaucoup ma compagnie et insistait toujours pour que je déjeune avec lui.
Jeudi soir, alors que Stéphane était parti, il m’a invitée à souper au resto mais il était tard et j’étais très fatiguée alors j’ai décliné son invitation. Comme lui et ses 2 confrères (qui sont mes voisins) avaient dîné tard, ils ont décidé de ne pas aller souper. Ils sont venus nous rejoindre dans la cuisine cependant et ont passé la soirée à « boire » mes paroles, ne cessant de m’interroger sur mon passé, fasciné par mon cheminement…
Curieusement, Stéphane m’a téléphonée sur l’entrefait pour me dire qu’à cause d’un bris mécanique d’un équipement important (encore un autre pépin, pauvre lui), il revenait plus tôt que prévu et serait là dans 1.5 hres.
Comme de toute évidence ils n’avaient pas l’air de vouloir partir, j’avais quand même un petit creux vers 21h00 et c’était gênant de me prendre quelque chose à leur nez ou de leur demander de me laisser seule alors j’ai sorti le plat de guacamole que j’avais préparé plus tôt dans la journée, le sac de Tortillas et ils ne se sont pas gênés pour passer à travers le plat !
C’est ainsi qu’en rentrant à la maison Stéphane m’a trouvée installée dans la cuisine, en charmante compagnie ! Ça fait du bien d’avoir de la compagnie et c’est certain que plus je serai occupée avec des « invités », je ressentirai son éloignement beaucoup moins cruellement… On ne changera pas ma nature, qui n’a jamais été d’être très solitaire…
Je m’apprête donc à aller peinturer la chambre qui sera louée cette semaine, pendant que le propriétaire est là pour « arranger » une foule de trucs, qui se retrouvent sur une liste assez exhaustive, que je lui ai remise en début de semaine.
Je ferai donc des ajouts à mon blogue moins souvent, mais assez tout de même pour résumer les principaux événements…
mardi 26 février 2008
« 24 Chrono »… moins 1 heure !
4h30 AM : le cellulaire à Stéphane sonne et il finit de me réveiller avec 2-3 bisous…
5h00 : les préparatifs vont bon train. Comme nous serons partis longtemps et reviendront très tard, je remplis les bols des animaux de bouffe, m’assure qu’ils ont de l’eau en masse et prépare une litière de fortune à Filou, en remplissant une grande casserole à lasagne en aluminium réutilisable (de type Alcan), de quelques pelletées de sable que je prends directement sur le terrain en avant. Ça devrait faire l’affaire pour aujourd’hui, jusqu’à ce que je puisse acheter une vraie litière… Je nous prépare également à déjeuner, mais Stéphane ne prend qu’une bouchée ou deux, trop préoccupé à ne rien oublier. De toute façon, il n’est pas du genre à déjeuner tôt le matin, contrairement à moi qui doit manger dans la prochaine heure de mon lever.
6h00 : on est prêt à partir. Les coqs chantent à qui mieux mieux et le ciel est clair, même si on ne voit pas encore le soleil. Pas trop de nuage en vue, j’espère qu’on sera chanceux et que la pluie épargnera Stéphane…
7h00 : on roule maintenant sur la route qui mène à Linden, petite ville secondaire que je connais seulement parce que le signal cellulaire ne dépasse pas sa limite et que Stéphane m’empresse de m’appeler lorsqu’il revient du campement, chaque fois qu’il y arrive.
8h00 : rendu à Linden, Stéphane fait 2-3 arrêts dans de petites shops qui font office de quincaillerie, parce qu’il a oublié – ou n’a pas eu le temps – d’acheter 2-3 items hier. Je suis surprise de voir qu’il connaît ces endroits, mais il passe ici au mois une fois, parfois 2 fois par semaine et souvent avec des gars du pays qui lui ont montré toutes les ressources que eux connaissent.
9h00 : on atteint la fin de la route « pavée » et le calvaire commence. Dire que le chemin est pavé est un euphémisme ! Jusqu’au campement, Stéphane doit conduire comme s’il enfilait un parcours de slalom. La voie est large, d’au moins 4 véhicules, mais aussi criblée de trous qu’un champ dont les mines auraient toutes explosé. Ça brasse tellement que malgré toutes les manœuvres de Stéphane, il m’arrive de décoller de mon siège d’au moins 6 pouces !
10h00 : impossible de rouler plus de 60 km/ hre on croise l’embranchement de la seule route qui mène au Brésil. En examinant la forêt, je fais remarquer à mon chum que je n’ai vraiment pas l’impression qu’on est dans la jungle et que si ce n’était pas de quelques palmiers par-ci par-là, on pourrait même se croire au Québec. Il m’explique que ça va changer bientôt et qu’au fur et à mesure qu’on rentre dans les terres, les arbres gagnent en hauteur et la forêt devient plus dense.
11h00 : j’ai parfois l’impression que ça doit être plus tranquille et qu’on se fait moins brasser dans une sécheuse ! Malgré tout, histoire de me divertir et enlever mon focus sur le brasse-camarade, ça fait déjà un bout que j’ai sorti mon tricot et que j’arrive à enfiler de nouvelles mailles entre deux soubresauts.
12h00 : on arrête à « 58 miles », un espèce de « truck-stop » perdu dans le milieu de nulle part, où je suis agréablement surprise de trouver des toilettes très propres, avec même un siège et du papier de toilette… on s’achète un rafraîchissement et on repart après pas plus de 20 minutes d’arrêt.
13h00 : tout près du campement, lorsqu’on quitte la route principale, le chemin devient évidemment très étroit et on a dû traverser de véritables petits étangs, créés par des pluies hors de l’ordinaire, du moins bien en dehors de la saison normale des pluies. Je me fermais les yeux en priant qu’on ne reste pas pris… même si j’avais apporté mes bottes de pluie. On arrive enfin, après plus de 6 heures d’un trajet extrêmement difficile… et dire qu’il faut repartir dans quelques heures.
14h00 : on meurt de faim et le cuisinier du camp, Eman, nous sert à manger, après avoir démarré la génératrice pour refroidir le frigo et y ranger les fruits et légumes qu’on lui a apporté. C’est vraiment incroyable de voir comment il arrive à se débrouiller sans eau courante, avec un seul poêle de camping à 2 éléments. Une autre baraque – constituée seulement d’une grande toile sans côté – sert de dortoir. Evidemment, tous les lits et hamacs sont recouverts de filet anti-moustique.
A un moment donné, un cri d’oiseau vraiment particulier attire mon attention. Un chant d’oiseau comme évidemment je n’ai jamais entendu, très fort, strident et très haut dans le ciel. Lorsque je demande à un des mineurs comment je pourrais faire pour essayer de l’apercevoir, il se met à rire et m’explique que ce sont sort d’un tout petit oiseau, à peine plus gros qu’un oiseau-mouche et qu’il y a trois ans, un journaliste du National Geographic a mis une semaine dans la région, avant de réussir à le photographier.
15h00 : je dois aller au petit coin… mais il n’y a pas de petit coin ! En fait, ils n’ont pas encore eu le temps d’en faire un… la production d’or est plus importante pour le moment… Stéphane m’indique une section de la forêt où me diriger mais j’ai beau chercher, l’endroit est jonché de débris forestiers et il n’y a pas une seule éclaircie en vue. Je reviens donc bredouille, en lui disant que je préférerais qu’il vienne avec moi m’aider à trouver un coin plus approprié. C’est vrai qu’on est vraiment dans la forêt tropicale ici, les arbres pointent vers le ciel à des hauteurs vertigineuses.
Au retour, Stéphane doit repartir vers la mine, qui se trouve à un peu moins qu’un kilomètre du campement. Il m’offre de l’accompagner mais pour dire la vérité, je dors debout et je préfère me fermer les yeux quelques minutes. À cause d’une niaiserie – j’ai aperçu MON sac de couchage sur son lit sans qu’il m’aie jamais demandé de l’emprunter et je lui ai dit que je le ramenais chez nous et qu’il devrait savoir comment je fais attention à mes affaires, surtout qu’il s’est déjà fait voler un matelas ici alors imagine un petit paquet comme ça… bla bla bla – bref à cause de cette mini altercation, il me dit alors qu’il ne veut pas que je dorme sur son matelas !
Soit, je prend mon oreiller de voyage – que je traîne toujours avec moi dans les longs déplacements – et je m’installe à la table de pique-nique où j’arrive à somnoler, la tête sur la table, juste à côté de la génératrice qui ronronne, tellement je suis fatiguée. J’ai quand même une pensée pour Stéphane qui vérifie l’état des opérations à la mine et je me demande comment il fait…
Tout d’un coup, on me tape sur l’épaule et le jeune cuisinier me pointe du doigt le hamac qu’il vient tout juste d’installer entre deux poteaux de la tente, juste pour moi. Je suis vraiment touchée par son attention et je n’ai pas besoin de plus de 2 minutes pour vraiment m’endormir. Malgré la chaleur et l’humidité, il arrive qu’une bonne brise nous rafraîchisse pour un bref instant.
16h00 : je me suis réveillée en ayant l’impression d’être encore plus fatiguée, mais l’appel de la nature m’a forcée à retourner au « petit coin » que Stéphane m’avait découvert à notre arrivée, mais seule cette fois. Accroupie, j’essayais de ne pas trop penser à toutes les bestioles qui devaient se promener sous le couvert des feuilles mortes qui tapissent le sol mais une grenouille ou un crapaud m’a fait sursauter en croassant à quelques pouces de mes fesses !
17h00 : pendant que Stéphane voit à ses affaires, je m’occupe de récupérer de l’information manquante sur les employés qu’il a dû engager rapidement pour remplacer sa première équipe, temporairement ravagée par la malaria et la typhoïde. J’ai également pris leur photo, que j’insère dans leur dossier informatisé, ce qui pourrait toujours être utile un jour… on ne sait jamais ! J’ai montré au cuisinier comment remplir la feuille d’achats du camp et autres procédures.
Ce dernier m’a cependant impressionné avec deux de ses créations culinaires : une délicieuse cossetarde qu’il a simplement préparée avec du lait et des œufs, dans un plat de plastique qu’il a fait cuire dans un chaudron rempli d’eau et un pain. Ouais, un pain bon et moelleux à souhait, lui qui n’a même pas de four, alors que moi je n’y arrive pas encore avec ma super machine à bain que j’ai fait venir des Etats-Unis ! Je ne sais pas encore comment ça se peut, mais il arrive à faire cuire ça dans un chaudron, sur un rond de poêle. Faut être débrouillard pas à peu près !
18h00 : Stéphane a terminé ce qu’il avait à faire ici, mais comme il fera noir de toute façon dans 15 minutes et que le souper est prêt, aussi bien manger avant de partir pour un long voyage de retour. On mange ce que eux appellent un « Chow Mein », mais ce sont essentiellement des nouilles chinoises agrémentées de quelques morceaux de poulet tout plein d’os, car ils prennent un poulet complet et le coupe en milles petits morceaux, n’importe comment, sans se soucier de le dépecer…
Dès que la noirceur approche, je « rallonge » mes shorts en pantalon et nous nous vaporisons à profusion de chasse-moustique, car c’est surtout dans les terres intérieures que les moustiques peuvent être porteurs de malaria.
19h00 : nous amorçons le voyage de retour. Stéphane doit rouler encore moins vite que durant le jour car son champ de vision étant restreint par l’éclairage des phares, il ne peut se servir de toute la largeur de la route pour essayer d’éviter les trous le plus possible.
20h00 : à l’arrêt de Frenchman Landing, un espèce de regroupement de kiosques vendant un peu n’importe quoi, Stéphane reconnaît un gars avec qui il a fait des affaires par le passé. Ça placote une quinzaine de minutes, pendant lesquelles j’en profite pour me fermer les yeux dans le camion et somnoler, ce qui est absolument impossible de faire en roulant.
21h00 : les phares du véhicule sont notre seule source de lumière, dans le creux de cette sombre forêt. Plus que jamais, je prends conscience à quel point je suis loin de mes racines, au Québec, dans un environnement si étranger. Je souhaite très fort que le camion tienne le coup et qu’on n’ait pas de bris mécanique, car on ne rencontre pas plus de 2 véhicules en contresens à l’heure.
22h00 : côté mécanique, les gars que Stéphane a rencontré plus tôt ont été moins chanceux que nous. Comme ils avaient un peu d’avance, nous les avons croisés arrêtés sur le côté de la route, à cause d’une crevaison. Malheureusement, ils n’avaient pas de bon « jack » pour leur véhicule et nous avons dû leur prêter le nôtre.
Je commence à être brave, car j’en profite pour partir de mon côté avec la lampe de poche et me trouver un « petit coin ». Je m’efforce de ne pas penser aux « bibittes » qui pourraient surgir de n’importe où, petites et grosses… ça donne quoi d’avoir peur ? Alors je me concentre sur les bruits de la jungle et j’en profite pour admirer le ciel d’un noir d’encre, parsemé de milliers d’étoiles comme je n’en ai pas vu depuis longtemps ! Je savoure cet instant, à des années-lumières de ma vie québécoise de citadine et je l’apprécie.
23h00 : nous roulons toujours sur la route non-pavée… je ne sais pas comment Stéphane fait pour tenir le coup. C’est probablement l’adrénaline qui le tient en alerte comme ça car derrière le volant, il ne peut relâcher sa vigilance une seule seconde. C’est mon héros ! Continuellement secouée comme un sac de patates, mon corps n’arrive pas à s’endormir mais mon cerveau oui. Je me rends compte que je rêve éveillée… je marmonne quelque chose par rapport à mon rêve et lorsque Stéphane me demande de répéter, je lui réponds « Non c’est rien, je rêvais » !
24h00 : de temps en temps, pendant que je me retiens à la poignée au plafond du truck, mon étreinte se desserre soudainement, comme si je venais de m’endormir et mon bras tombe lourdement sur mes genoux, ce qui me réveille !
1h00 : nous atteignons enfin la route pavée beaucoup mieux carrossable, mais dans un pick-up à la suspension super renforcée, il est toujours impossible de m’assoupir. Je regarde Stéphane du coin de l’œil et je crains qu’il ne s’endorme au volant. Alors j’insiste pour qu’il arrête sur le coté de la route, dans un espace réservé aux arrêts d’urgence, et qu’il se repose un peu, ne serait-ce qu’une demi-heure. Rendu à ce point, ce délai ne changera pas grand-chose à notre horaire… il ne s’obstine pas et ne met pas 30 secondes à s’endormir.
2h00 : comme nous traversons Georgetown en approchant de la maison, on se fait arrêter sur une rue principale, par un barrage de policier, monnaie courante par ici. Ils sont armés jusqu’aux dents d’imposantes carabines et s’informent auprès de Stéphane des raisons qui nous font circuler : d’où on vient, où en va, etc. Celui qui nous parle informe alors Stéphane que c’est difficile de rester réveillé toute la nuit et que lui et son équipe apprécieraient bien pouvoir se payer un bon café. Autrement dit, ils nous « quêtent » littéralement et Stéphane n’est pas d’humeur à faire des chichis alors il leur remet rapidement de l’argent pour pouvoir rentrer à la maison au plus vite !
3h00 : enfin on rentre à la maison ! Évidemment, Brutus est fou de joie, car il n’a jamais été si longtemps tout seul et ça prend plusieurs minutes avant de le calmer. Pendant que Stéphane rentre le camion au garage et débarque l’essentiel, je puise dans mes dernières réserves d’énergie pour nourrir les animaux, faire sortir Filou et prendre une douche.
3h30 : 23 heures après notre lever, le lit est bon en maudit… mais je crois que même une paillasse de foin aurait fait l’affaire ! Je dis bonne nuit à mon « Jungle Jim », en me disant que des hommes comme lui, il ne doit plus s’en faire beaucoup…
lundi 25 février 2008
On vient visiter mon Business Bed & Breakfast
Travaillant dans le bureau pendant qu’il était à Georgetown, j’ai reçu un appel en début d’après-midi, d’une compagnie minière ayant reçu mon courriel annonçant le Business Bed & Breakfast et qui désirait venir visiter les lieux. En fait, c’est la secrétaire qui voulait se pointer une heure plus tard, mais je lui ai demandé jusqu’à 16h00, pour me donner le temps de faire un peu de « home staging ».
Comme on n’a seulement qu’une première chance de faire une bonne impression, je suis allée au plus important : passer un coup de balai afin que ce soit impeccable, monter la table comme si c’était soir de gala, allumer une chandelle parfumée, mettre une musique d’ambiance ultra relaxante, etc…
Elles se sont présentées à deux et après avoir fait le tour de la maison, nous nous sommes réinstallées dans le bureau pour discuter et répondre à leurs questions, entre autre, concernant l’entreposage d’effets personnels des hommes lorsqu’ils allaient travailler quelques semaines à l’intérieur. Elles m’ont également fait penser à des services que je n’avais pas encore considérés, comme par exemple la buanderie, des repas autre que le déjeuner, etc.
Ce fût un excellent exercice pour moi, qui m’a permis d’apporter certains ajustements à ma brochure.
dimanche 24 février 2008
Mi-relax, mi-travail
J’ai donc dû insister pour qu’on prenne le temps de déjeuner tranquille sur la terrasse, en relaxant un peu et en récapitulant notre semaine. Ensuite nous sommes retournés dans le bureau une bonne partie du reste de la journée. Petit souper tranquille.
